« Corroyez les montants, feuillurez les chants, puis affleurez après collage. » Si cette phrase vous paraît obscure, ce lexique est pour vous. Le vocabulaire du travail du bois est riche, hérité de siècles de menuiserie, et il est surtout d’une grande précision : chaque mot désigne une réalité exacte, ce qui évite bien des malentendus avec un vendeur ou devant un plan. Ce glossaire fait partie de notre rubrique pour débuter la fabrication en bois ; les termes y sont regroupés par thème pour être appris dans l’ordre où vous les rencontrerez.
Le matériau : comprendre la structure du bois
- Fil : direction des fibres du bois, parallèle au tronc. On travaille « dans le fil » (dans le sens des fibres) ou « à contre-fil » (contre elles, ce qui arrache les fibres).
- Bois de bout : section perpendiculaire au fil, où l’on voit les cernes. Il absorbe beaucoup la colle et la finition, et tient mal les vis.
- Cerne : anneau de croissance annuel, visible en bout de pièce. Des cernes serrés indiquent généralement une croissance lente et un bois plus dense.
- Aubier : partie périphérique et plus claire du tronc, vivante, plus tendre et plus sensible aux insectes et aux champignons.
- Duramen (ou bois de cœur, bois parfait) : partie centrale, plus foncée et plus durable chez de nombreuses essences.
- Nœud : trace d’une branche dans le tronc. Un nœud sain est adhérent ; un nœud noir ou « mort » peut se détacher.
- Gerce : petite fente de séchage, souvent en bout de planche.
- Dosse et quartier : deux façons de débiter un tronc. Une planche sur dosse présente de larges motifs en flammes mais se déforme davantage ; une planche sur quartier, aux cernes perpendiculaires à la face, est plus stable.
- Maille : reflets nacrés visibles sur le chêne ou le hêtre débités sur quartier.
Les faces et les déformations d’une pièce
Nommer chaque face
- Face : chacune des deux grandes surfaces d’une planche.
- Chant : surface étroite et longue, dans le sens du fil. On parle de « poser sur chant » une planche dressée verticalement.
- Rive : bord longitudinal d’une planche ou d’un panneau ; le mot est souvent employé comme synonyme de chant.
- Bout : extrémité de la pièce, en bois de bout.
- Arête : ligne où deux faces se rencontrent. « Casser les arêtes » signifie les adoucir légèrement à l’abrasif ou au rabot.
- Face et chant de référence : ceux à partir desquels on prend toutes les mesures, repérés par un signe au crayon.
Reconnaître les défauts de forme
- Tuilage : courbure dans la largeur, la face prend la forme d’une tuile.
- Cintrage (ou arcure) : courbure dans la longueur, à plat.
- Voilement (ou flèche de rive) : courbure dans la longueur, sur chant.
- Gauchissement (ou vrillage) : la pièce se tord en hélice ; posée à plat, elle repose sur trois coins.
Le débit et la préparation du bois
- Débiter : découper une grande pièce en éléments aux dimensions approximatives du projet.
- Liste de débit : tableau des pièces à préparer avec leurs dimensions et leur quantité.
- Bois brut : bois simplement scié, aux surfaces rugueuses et aux dimensions approximatives.
- Bois raboté : bois dont les quatre faces ont été rabotées ; ses dimensions sont inférieures au brut d’origine.
- Corroyer : ensemble des opérations qui transforment un bois brut en pièce parfaitement plane, d’équerre et calibrée.
- Dégauchir : rendre une face plane (supprimer le gauchissement), puis dresser un chant d’équerre avec elle.
- Raboter (ou mettre d’épaisseur) : amener la face opposée parallèle à la première, à l’épaisseur voulue.
- Déligner : scier une planche dans sa longueur, parallèlement au fil.
- Tronçonner : scier une pièce en travers du fil, pour la mettre à longueur.
- Surcote : marge laissée volontairement sur une pièce pour une finition ultérieure.
Les assemblages
- Tenon : partie saillante à l’extrémité d’une pièce, destinée à entrer dans une mortaise.
- Mortaise : cavité rectangulaire creusée dans une pièce pour recevoir le tenon.
- Épaulement : surface qui borde le tenon et vient s’appuyer contre la pièce mortaisée.
- Enfourchement : variante ouverte du tenon-mortaise, en bout de pièce, en forme de fourche.
- Mi-bois : assemblage où chaque pièce est entaillée de la moitié de son épaisseur pour se croiser à fleur.
- Queue d’aronde : assemblage en forme de trapèze, qui résiste à l’arrachement, typique des tiroirs.
- Tourillon : cheville cylindrique cannelée, collée dans deux perçages en vis-à-vis.
- Lamelle : pastille ovale en bois compressé, insérée dans deux fentes usinées à la fraiseuse.
- Onglet : coupe à 45° permettant d’assembler deux pièces en angle sans voir le bois de bout, comme sur un cadre.
- Assemblage à blanc : montage à sec, sans colle, pour vérifier l’ajustement.
Les assemblages concentrent aussi une bonne part des ratés : notre guide sur les erreurs du débutant en fabrication revient sur les pièges les plus fréquents, du montage à blanc oublié au serrage excessif.
Les usinages et les profils
- Rainure : entaille longue et étroite creusée au milieu d’un chant ou d’une face, dans le sens du fil.
- Languette : saillie qui s’emboîte dans une rainure (l’ensemble forme un assemblage rainure-languette).
- Feuillure : entaille en L le long d’une arête, qui reçoit par exemple un fond de meuble ou une vitre.
- Chanfrein : petite surface plane obtenue en abattant une arête, généralement à 45°.
- Congé : arrondi concave raccordant deux surfaces ; à ne pas confondre avec le quart-de-rond, arrondi convexe d’une arête.
- Moulure : profil décoratif usiné sur une arête ou une baguette.
- Défoncer : creuser une pièce avec une défonceuse (rainure, logement, profil).
- Affleurer : mettre deux surfaces exactement au même niveau, par ponçage ou rabotage après assemblage.
- Araser : couper au ras d’une surface ce qui dépasse, comme un tourillon ou une languette.
- Entraxe : distance entre les axes de deux perçages ou de deux éléments.
Les outils traditionnels
- Établi : table de travail robuste, équipée de presses ou d’un étau pour maintenir les pièces.
- Valet : tige coudée qui, frappée dans un trou de l’établi, bloque une pièce à plat.
- Serre-joint : outil de serrage à coulisse, indispensable au collage.
- Trusquin : outil de traçage de lignes parallèles à un chant.
- Fausse équerre : équerre à lame réglable pour reporter un angle quelconque.
- Varlope : grand rabot pour dresser les longues pièces ; le riflard dégrossit, le guillaume façonne les feuillures.
- Ciseau à bois : lame plate biseautée ; le bédane, plus épais et étroit, sert à creuser les mortaises.
- Racloir : fine lame d’acier qui lisse le bois en enlevant de minuscules copeaux, sans abrasif.
La finition
- Égrener : poncer légèrement entre deux couches de finition pour supprimer les fibres relevées.
- Relever le grain : humidifier le bois avant le dernier ponçage pour que les fibres se redressent et puissent être coupées.
- Bouche-pores : produit qui comble les pores ouverts de certaines essences pour obtenir une surface lisse.
- Huile siccative : huile qui durcit à l’air par oxydation (lin, huiles dures) ; les chiffons qui en sont imbibés présentent un risque d’auto-inflammation.
- Lasure : produit de protection microporeux, surtout pour l’extérieur, qui laisse respirer le bois.
Maîtriser ces mots aide aussi à comparer les produits et à évaluer ce qu’un projet va coûter : notre dossier combien coûte de se lancer dans le DIY vous aidera à y voir clair.
Questions fréquentes
Quelle différence entre le chant et le bout d’une planche ?
Le chant est la surface étroite qui court sur toute la longueur de la planche, dans le sens du fil, tandis que le bout est l’extrémité de la pièce, coupée en travers du fil, où l’on voit les cernes de croissance.
Que veut dire corroyer une pièce de bois ?
Corroyer consiste à transformer un bois brut en pièce utilisable : on dégauchit une face, on dresse un chant d’équerre, puis on rabote l’autre face à l’épaisseur et on met l’autre chant à la largeur voulue.
Quelle est la différence entre une rainure et une feuillure ?
Une rainure est une entaille creusée à l’intérieur d’une surface, bordée de matière de chaque côté, alors qu’une feuillure est une entaille en forme de L réalisée le long d’une arête, ouverte sur un côté.
Qu’est-ce qu’un assemblage à blanc ?
C’est un montage complet réalisé à sec, sans colle, pour vérifier que toutes les pièces s’ajustent, que les serre-joints sont en place et que l’ordre de collage est clair avant l’assemblage définitif.
Quelle différence entre dégauchir et raboter une pièce de bois ?
Dégauchir consiste à rendre une face plane en supprimant le gauchissement, puis à dresser un chant d’équerre avec elle. Raboter, ou mettre d’épaisseur, consiste ensuite à amener la face opposée parallèle à la première, à l’épaisseur voulue. L’ensemble de ces opérations, avec la mise à largeur, forme le corroyage.
Qu’est-ce qu’un tenon et une mortaise en menuiserie ?
Le tenon est la partie saillante, à l’extrémité d’une pièce, destinée à entrer dans la mortaise, cavité rectangulaire creusée dans une autre pièce. L’épaulement, qui borde le tenon, vient s’appuyer contre la pièce mortaisée. Cet assemblage traditionnel est plus avancé que le vissage collé, et mieux vaut l’aborder après les bases.
Sources
- FCBA — terminologie et documentation technique sur le bois et ses dérivés.
- Norme NF EN 844 — bois ronds et bois sciés, terminologie.
- Manuels de technologie du CAP menuisier fabricant et du CAP ébéniste.
- Dictionnaires de l’Académie française et du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
Mettez ce vocabulaire en pratique avec notre parcours pour débuter le bricolage de fabrication.
Certaines appellations varient selon les régions et les corps de métier ; les définitions proposées ici correspondent à l’usage le plus courant en menuiserie.

