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Fabriquer ses meubles

Construire un banc en bois : plan d’un banc d’intérieur solide

En bref — Le banc à pieds pleins est l’assise la plus simple à réussir : une assise de 28 mm, deux joues verticales et une entretoise qui rigidifie l’ensemble. Il vous faut un panneau lamellé-collé (hêtre, chêne ou pin), des tourillons de 8 mm, de la colle vinylique, des vis et une perceuse-visseuse. Le point clé : une entretoise haute collée sous l’assise, qui supprime le fléchissement et le tangage. Budget de 40 à 120 € pour une journée de travail, finition en plus.

Dans une entrée pour se chausser, le long d’une table pour caser un convive de plus, au pied d’un lit pour poser un plaid : le banc est un meuble polyvalent qui mérite sa place dans toutes les pièces. Décider de fabriquer un banc soi-même est aussi l’occasion d’aborder sereinement les meubles qui portent du poids humain, avec des efforts bien plus violents qu’une étagère. Ce projet fait partie de notre parcours pour fabriquer ses meubles en bois et vient naturellement après un premier caisson. Voici le plan d’un banc d’intérieur de 120 cm, robuste pour trois adultes, avec cotes, liste de débit et étapes.

Choisir le bois de votre banc

Une assise est frottée, heurtée par les chaussures, parfois utilisée comme marchepied. Le bois doit donc être dur et stable :

  • Hêtre lamellé-collé : dense, homogène, facile à trouver en panneaux de 26 à 28 mm. Notre choix pour ce plan.
  • Chêne lamellé-collé ou massif : plus cher, magnifique à l’huile, extrêmement résistant.
  • Pin ou épicéa : économiques et légers, mais ils marquent facilement. Montez à 32 mm d’épaisseur pour compenser leur moindre rigidité.

Évitez le contreplaqué de peuplier en 18 mm pour une assise de cette longueur : il fléchirait sous trois personnes. Et si votre banc est destiné à la terrasse, orientez-vous plutôt vers un bois naturellement durable et une conception drainante, comme dans notre plan pour fabriquer un banc de jardin.

Plan et dimensions du banc

La hauteur d’assise standard se situe entre 43 et 47 cm. Pour un banc de table, alignez-la sur la hauteur de vos chaises ; pour un banc d’entrée, 45 cm conviennent à la plupart des adultes. Notre modèle mesure 120 cm de long, 34 cm de profondeur et 45 cm de haut. Les joues sont placées à 150 mm de chaque extrémité : ce porte-à-faux limité évite que le banc bascule si quelqu’un s’assoit tout au bout.

Liste de débit (hêtre lamellé-collé 28 mm)

  • 1 assise : 1200 × 340 mm
  • 2 joues (pieds pleins) : 422 × 300 mm, fil du bois vertical
  • 1 entretoise : 844 × 100 mm
  • 4 tasseaux de fixation : 30 × 30 × 120 mm (hêtre ou chêne)
  • Quincaillerie : 8 tourillons de 8 × 40 mm, 16 vis de 4 × 40 mm, colle vinylique D2 ou D3

La longueur de l’entretoise correspond à l’écart intérieur entre les joues : 1200 − 2 × 150 − 2 × 28 = 844 mm.

Les étapes de montage

  1. Découpez les pièces à la scie circulaire guidée ou faites-les débiter en magasin. Vérifiez que les deux joues ont exactement la même hauteur : un écart de 1 mm suffit à faire boiter le banc.
  2. Découpez un dégagement en arc au bas de chaque joue, de 200 mm de large sur 40 mm de haut, à la scie sauteuse. Le banc reposera ainsi sur quatre appuis au lieu d’un chant complet, et restera stable même sur un carrelage irrégulier.
  3. Percez les tourillons de l’entretoise : deux par extrémité, à 25 mm des chants, diamètre 8 mm, 22 mm de profondeur dans le bout de l’entretoise et 15 mm dans la joue. Un gabarit de perçage garantit l’alignement ; notre fiche pour assembler avec des tourillons détaille la méthode.
  4. Collez l’entretoise entre les joues, son chant supérieur à fleur du haut des joues, centrée en profondeur. Serrez avec deux serre-joints et contrôlez l’équerrage avec une équerre de menuisier.
  5. Vissez les tasseaux sur la face intérieure de chaque joue, à fleur du haut, un de chaque côté de l’entretoise, avec colle et trois vis. Percez au préalable dans chaque tasseau deux trous verticaux oblongs de 5 × 10 mm, allongés dans le sens de la longueur du tasseau, c’est-à-dire dans la largeur de l’assise.
  6. Posez l’assise à l’envers sur une couverture, placez le piétement retourné dessus en respectant les 150 mm de débord aux extrémités et le centrage en profondeur.
  7. Fixez l’assise par les trous oblongs des tasseaux avec des vis de 4 × 40 mm et rondelles, sans colle. Vissez ensuite l’entretoise dans l’assise par-dessous, tous les 20 cm, avec un filet de colle sur son chant : c’est cette liaison qui transforme l’ensemble en poutre rigide.
  8. Arrondissez les arêtes de l’assise avec une râpe, un rabot ou une défonceuse équipée d’une fraise quart-de-rond de 6 mm. Les angles vifs abîment les vêtements et les tibias.

Pourquoi ce banc ne fléchit pas

Une planche de 28 mm posée sur deux appuis distants de 84 cm fléchirait visiblement sous 200 kg. L’entretoise de 100 mm collée et vissée sous l’assise change tout : l’assise et l’entretoise forment une section en T, beaucoup plus rigide qu’une planche seule. Elle joue aussi un second rôle, celui de contreventement longitudinal. Sans elle, les joues pivoteraient à la moindre poussée dans l’axe du banc. Les trous oblongs des tasseaux, eux, laissent l’assise travailler en largeur au fil des saisons, alors que la liaison centrale avec l’entretoise suit le fil du bois et ne gêne aucun mouvement.

La finition

Poncez au grain 120 puis 180, en insistant sur les arêtes adoucies. Pour une entrée, où le banc reçoit sacs humides et chaussures, un vernis polyuréthane en phase aqueuse ou une huile-cire dure résistent bien. Pour un banc de table, une huile alimentaire polymérisante suffit et se ravive d’un coup de chiffon. Appliquez aussi la finition sous l’assise et sur les joues : l’équilibre des faces limite les déformations. Collez enfin des patins en feutre sous les quatre appuis pour protéger le parquet.

Les erreurs à éviter

  • Des joues placées trop près des bouts ou trop loin : moins de 10 cm de débord donne un aspect trapu, plus de 20 cm rend le banc basculant quand on s’assoit à l’extrémité.
  • Coller l’assise sur les tasseaux : au premier hiver chauffé, elle se fend ou tire les vis.
  • Un fil du bois horizontal dans les joues : elles casseraient sous l’effort. Le fil doit toujours être vertical dans un pied plein.
  • Visser sans avant-trou dans le hêtre : c’est un bois dur, les vis cassent ou fendent le chant.

Budget et temps

Un panneau de hêtre lamellé-collé de 28 mm suffisant pour ce banc coûte de 60 à 110 € selon la région et le fournisseur, le chêne de 100 à 180 €, le pin de 30 à 60 €. Ajoutez une quinzaine d’euros de colle, tourillons, vis et finition. Le montage demande une journée pour un débutant équipé d’une scie circulaire guidée, d’une scie sauteuse et d’une perceuse-visseuse, puis un à deux jours de séchage pour la finition.

Vous avez réussi votre banc ? Il ne lui manque qu’une compagne : notre plan pour fabriquer une table en bois assortie utilise le même hêtre ou le même chêne. Et dans une entrée, une étagère murale solide fixée au-dessus du banc accueille clés, bonnets et paniers.

Questions fréquentes

Quelle hauteur pour un banc de table ?

La même que celle de vos chaises, en général 45 à 47 cm, soit environ 28 à 30 cm de moins que le plateau de la table ; vérifiez aussi que l’assise passe sous la ceinture de la table si vous voulez ranger le banc dessous.

Combien de personnes peut porter ce banc ?

Réalisé en hêtre de 28 mm avec l’entretoise collée et vissée, il supporte sans difficulté trois adultes, soit environ 250 à 300 kg répartis ; en pin, passez à 32 mm d’épaisseur pour conserver la même marge.

Peut-on ajouter un rangement sous l’assise ?

Oui, en fixant une tablette de 18 mm sur deux tasseaux vissés aux joues, à 10 cm du sol ; elle accueille chaussures ou paniers et renforce encore la rigidité latérale du banc.

Faut-il un dossier ?

Pour un banc d’entrée ou de table, non ; un dossier impose des assemblages inclinés beaucoup plus sollicités et relève d’un projet plus avancé, qu’il vaut mieux aborder après avoir maîtrisé les piétements à ceinture.

Quel bois choisir pour un banc d’intérieur ?

Choisissez un bois dur et stable. Le hêtre lamellé-collé est notre choix pour ce plan ; le chêne est plus cher mais très résistant. Le pin ou l’épicéa sont économiques, mais ils marquent facilement : montez alors à 32 mm d’épaisseur. Évitez le contreplaqué de peuplier en 18 mm pour une assise de cette longueur, qui fléchirait sous trois personnes.

Pourquoi ne faut-il pas coller l’assise sur les tasseaux ?

Le bois massif travaille en largeur selon l’humidité de l’air. Une assise collée sur les tasseaux se fend ou tire les vis dès le premier hiver chauffé. C’est pourquoi elle est fixée par des vis passant dans des trous oblongs, sans colle, qui la laissent bouger, tandis que l’entretoise assure seule la rigidité du banc.

Sources

  • Norme NF EN 12520 — Mobilier : résistance, durabilité et sécurité, exigences pour les sièges à usage domestique.
  • Documentation des fabricants de panneaux lamellés-collés — caractéristiques mécaniques du hêtre, du chêne et des résineux.
  • Fiches techniques des fabricants de colles vinyliques (classes de durabilité D2 à D4).
  • INRS — prévention des risques liés à l’utilisation des scies portatives et aux poussières de bois.
Un banc, et ensuite ?
Poursuivez votre progression avec les autres plans de la rubrique pour fabriquer ses meubles en bois.

Cotes et charges indicatives, valables pour un banc réalisé dans les sections et essences indiquées. Portez lunettes et protection auditive lors des coupes, et ne laissez pas un enfant monter debout sur un banc à porte-à-faux.

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