Un bac à compost en plastique fait le travail, mais il est petit, peu aéré et difficile à vider. Choisir de fabriquer un composteur en bois, c’est obtenir un volume adapté à votre jardin, une aération naturelle et surtout un système à deux bacs qui change tout : l’un se remplit pendant que l’autre mûrit. C’est un projet simple et très utile de nos projets bois pour le jardin, idéal pour valoriser des chutes de lames ou de poteaux. Voici le plan complet d’un composteur double, de la liste de débit au premier retournement.
Le principe d’un bon composteur
Un compost réussi a besoin de trois choses : de l’air, de l’humidité et un contact avec le sol. La conception du bac en découle directement :
- des lames espacées de 1 à 2 cm pour que l’air circule, sans laisser passer les déchets ;
- pas de fond, pour que les vers de terre montent coloniser la matière ;
- un couvercle qui limite le dessèchement l’été et le lessivage par les pluies d’hiver ;
- une façade démontable pour retourner et récupérer le compost sans tout soulever.
Le volume idéal pour un jardin familial se situe entre 0,4 et 1 m³ par compartiment. En dessous, la montée en température est faible ; au-dessus, le tas devient difficile à retourner à la fourche.
Choisir le bois : durable, mais sans produit
Le bois d’un composteur vit dans les pires conditions : humidité permanente, contact avec la terre et avec une matière en décomposition riche en champignons. C’est une exposition comparable à la classe d’emploi 4. Pourtant, on évite d’y mettre un bois chargé de biocides, puisque le compost finira au potager. Le bon compromis :
- Robinier ou châtaignier : naturellement très durables, sans traitement. Le meilleur choix, surtout pour les poteaux.
- Mélèze ou douglas purgés d’aubier : moins durables au contact du sol, mais économiques. Comptez cinq à huit ans pour les lames du bas.
- Pin autoclave : à réserver éventuellement aux poteaux, jamais aux lames en contact direct avec le compost si vous voulez rester prudent.
Les palettes sont une option gratuite, à condition de lire leur marquage normalisé : acceptez les palettes marquées HT (traitement thermique), refusez celles marquées MB (bromure de méthyle, fumigation interdite en Europe mais que l’on retrouve sur d’anciennes palettes), les palettes tachées de produits chimiques et les palettes colorées, qui appartiennent souvent à des loueurs.
Plan et liste de débit
Le composteur comporte trois parois fixes (deux côtés et une cloison centrale), une paroi arrière commune et deux façades à lames amovibles. Chaque compartiment mesure 80 cm de large, 80 cm de profondeur et 80 cm de haut, soit environ 0,5 m³.
- 6 poteaux de 70 × 70 mm, longueur 95 cm, dont 15 cm taillés en pointe à enfoncer dans le sol ;
- 21 lames de 95 × 21 mm, longueur 94 cm, pour les deux côtés et la cloison (7 lames par paroi, espacées de 1,5 cm) ;
- 7 lames de 95 × 21 mm, longueur 181 cm, pour la paroi arrière ;
- 16 lames de façade de 95 × 21 mm, longueur à ajuster à la largeur intérieure moins 1 cm de jeu (environ 79 cm), empilées dans des glissières ;
- 8 liteaux de 20 × 20 mm, longueur 80 cm, pour former les glissières de façade ;
- pour les couvercles : 2 cadres en tasseaux et des lames de récupération, 4 charnières inox ;
- vis inox A2 de 4 × 40 mm et 5 × 70 mm.
Les étapes de fabrication
- Choisissez l’emplacement : à mi-ombre, sur terre nue, à portée de brouette et pas trop loin de la cuisine. Évitez le plein soleil, qui dessèche, et le pied d’un mur mitoyen, par courtoisie pour vos voisins.
- Assemblez les trois parois latérales à plat : deux poteaux et sept lames de 94 cm par paroi, en commençant 2 cm au-dessus du bas de la partie hors sol. Utilisez des cales de 1,5 cm pour régler l’espacement, deux vis par lame et par poteau.
- Dressez les parois sur l’emplacement, enfoncez les pointes au maillet et reliez-les par l’arrière avec les lames de 181 cm. Vérifiez l’équerrage et l’aplomb.
- Créez les glissières : à l’avant de chaque compartiment, vissez deux liteaux verticaux à l’intérieur de chaque paroi, juste derrière les poteaux, en laissant entre eux un espace de 25 mm. Les lames de façade doivent y coulisser librement, même gonflées par l’humidité.
- Coupez et glissez les lames de façade, en vérifiant qu’elles descendent sans forcer. Vous les retirerez par le haut pour remplir, par le bas en démontant la pile pour vider le compost mûr.
- Fabriquez les couvercles : un cadre en tasseaux habillé de lames, fixé à l’arrière par deux charnières. Une légère pente vers l’arrière évacue la pluie.
- Posez en option un grillage galvanisé à maille fine au fond si les rongeurs sont nombreux dans votre secteur.
Bien utiliser son composteur
Alternez les matières vertes, riches en azote (épluchures, tontes, fanes), et les matières brunes, riches en carbone (feuilles mortes, broyat, carton brun non imprimé). Une bonne règle consiste à ajouter un volume de brun pour un ou deux volumes de vert. Le tas doit rester humide comme une éponge essorée. Retournez-le tous les un à deux mois, en le faisant passer d’un compartiment à l’autre : c’est tout l’intérêt du modèle double. Le compost est mûr au bout de six à douze mois, quand il sent le sous-bois et que l’on ne reconnaît plus les déchets d’origine. Les tailles de haies et de grimpantes, par exemple celles qui couvrent une pergola en bois, font un excellent apport brun une fois broyées.
Les erreurs à éviter
- Des lames jointives : le compost manque d’air, fermente et sent mauvais.
- Un fond en planches : les vers ne montent plus et le bois pourrit deux fois plus vite.
- Des lames de façade trop justes : gonflées par l’humidité, elles se bloquent dans les glissières.
- Un bois traité aux produits inconnus : palettes MB, traverses, bois peints ou vernis sont à proscrire.
Budget et temps
En douglas ou mélèze, le bois revient à 60 à 100 € ; en robinier, comptez 120 à 150 €. Avec des palettes HT, le coût se limite à la visserie et aux charnières, soit une vingtaine d’euros. La fabrication prend une journée. Et si vous manquez de place pour ranger fourches, brouette et sacs de broyat à côté du composteur, la suite logique est de construire un abri de jardin à ossature bois.
Questions fréquentes
Faut-il mettre un fond à un composteur en bois ?
Non, le composteur se pose directement sur la terre pour permettre aux vers et aux micro-organismes de coloniser la matière et à l’excès d’eau de s’infiltrer. Seul un grillage à maille fine est utile contre les rongeurs.
Quelle taille pour un composteur familial ?
Pour une famille de quatre personnes avec un jardin moyen, deux compartiments de 0,4 à 0,5 m³ chacun conviennent. Un grand jardin avec beaucoup de tontes justifie un troisième bac.
Peut-on utiliser du bois autoclave pour un composteur ?
C’est possible pour les poteaux, mais par prudence on évite de mettre des lames traitées en contact direct avec un compost destiné au potager. Les essences naturellement durables non traitées sont préférables.
Où placer son composteur dans le jardin ?
À mi-ombre, sur la terre nue, facile d’accès toute l’année et à l’abri des vents dominants. Évitez les zones inondables et gardez une distance raisonnable avec les voisins.
Quel bois utiliser pour fabriquer un composteur ?
Le robinier et le châtaignier sont naturellement très durables sans traitement : c’est le meilleur choix, surtout pour les poteaux. Le mélèze ou le douglas purgés d’aubier sont plus économiques, avec cinq à huit ans de tenue pour les lames du bas. Les palettes marquées HT sont acceptables, mais refusez celles marquées MB.
Comment utiliser un composteur à deux bacs ?
Alternez les matières vertes, riches en azote, et les matières brunes, riches en carbone, à raison d’un volume de brun pour un ou deux volumes de vert. Gardez le tas humide comme une éponge essorée et retournez-le tous les un à deux mois en le passant d’un compartiment à l’autre. Le compost est mûr au bout de six à douze mois.
Sources
- ADEME — guides pratiques sur le compostage domestique.
- NF EN 335 — Classes d’emploi du bois ; NF EN 350 — Durabilité naturelle du bois massif.
- Norme internationale NIMP 15 — traitement et marquage des emballages en bois (HT, MB).
- Règlement (UE) sur les produits biocides — cadre des produits de préservation du bois.
Bacs potagers, récupérateur d’eau, abri : retrouvez tous nos plans dans la rubrique projets bois pour le jardin.
Portez des gants pour manipuler palettes et compost, ainsi que des lunettes et un masque lors de la découpe. Les durées de vie et les budgets sont indicatifs et dépendent de l’exposition et de l’essence choisie.

